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Maisons Ancestrales en Pièce sur Pièce

Suite F de la section, Questions réponses

 

 

 

On parle toujours de remettre en valeur des planchers sur le bois naturel, avec ou non, son usure du temps et sa patine ancienne. Mais n’oublions pas que le plancher coloré à la peinture ou à la teinture artisanale, est aussi une alternative, qui est très près de la réalité d’autrefois. Je peux même vous dire, qu’avec mon expérience de récupérateur, dans les nombreux curetages que j’ai faits lors de la récupération de maisons ; J’AI VU PLUS SOUVENT DES PLANCHERS ANCIENS PEINTS, QUE SUR LE BOIS NATUREL.

 

Cette alternative, de colorer un plancher au lieu de chercher à le remettre sur le bois naturel, peut quelquefois sauver beaucoup de temps. Surtout si le plancher est tout taché ou recouvert de rechampis de couleurs anciennes non-récupérables ou de taches diverses de peinture. On peut se fier aux restants de couleurs existantes, pour refaire le plancher dans les mêmes teintes, ou recréer de la couleur. Ça prend une peinture ou teinture résistantes pour un plancher. On peut colorer de façon homogène, ou par superposition de différentes couleurs opaques et diluées, pour recréer des effets de transparences entre les teintes. On peut aussi recréer des effets d’usure, aux endroits de passages majeurs. Ou on laisse faire le temps, l’usure va se faire tout seul, c’est par contre long, … dans 30 ans ça va être superbe, la couleur va s’être oxyder l’usure va s’imposer. Sinon, on recrée l’effet, « vieillir » le plancher de 30 ans en quelques jours-semaines d’interventions.

 

La coloration ne s’applique pas seulement aux planchers, mais aussi aux diverses boiseries constituantes d’un intérieur de maison ancienne. C’est tout un art de colorer à l’ancienne, je ne connais pas tous les trucs, j’apprends sur le tas avec des spécialistes-artistes que je rencontre, mais surtout j’expérimente, c’est là le secret. Il ne faut pas se gêner pour faire toutes sortes d’expériences de mélangeages de produits, pour atteindre un résultat de coloration intéressant et non homogène.

 

Pour avoir une idée, de ce qu’est la coloration à l’ancienne, il faut commencer par en voir. Le premier pas à faire est d’examiner la tendance qui prévaut depuis une trentaine d’année, sur la préservation des couleurs qui ont alimenté la vie d’un meuble ancien.

Deux énormes livres de Michel Lessard, sur les meubles Québécois, illustrent abondamment ces coloris anciens, et la façon dont ils nous parviennent aujourd’hui avec l’usure du temps. À consulter pour vous faire l’œil. Je vous suggère aussi de lire le texte sur la couleur d’antan, qui apparaît sur la page : http://pages.videotron.com/rpicard/texts5-1.htm, du site de l’antiquaire : robert.picard.antiquaire@videotron.ca

 

Toute cette tendance à conservé la couleur sur les vieux meubles, devraient se refléter et se répéter de la même manière, sur les boiseries diverses d’une maison ancestrales. Par procédés de conservation de couleurs anciennes, ou par la recréation de couleurs. La photo suivante, nous montre des travaux de coloration en cours, effectués par Maude Rochefort, sur un chantier de restauration, d’une maison du milieu du 18ième siècle.

Je présente sur mon site, à la page 6, une coloriste de grand talent, Maude Rochefort. Vous y verrez plusieurs exemples de coloration à l’ancienne. Jetez un œil sur cette page fort intéressante, vous ferez vite la différence entre PEINDRE un mur et COLORER un mur, il y toute une différence…

 

Notre vision contemporaine « biaisée » du passé, a tendance à tout voir sur le bois naturel. Ce qui est totalement à côté de la réalité d’antan.

De toutes les époques, et surtout au 18ième et 19ième siècle, les gens coloraient beaucoup. Leur intérieur de maison, leurs meubles artisanaux, divers articles, pour justement tuer la lassitude, la pesanteur, l’ennui sombre à la longue, du bois naturel, qui en vieillissant se patine de plus en plus foncé.

Si on veut reproduire les ambiances du passé, la couleur s’impose.